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EPISODE 5

Un nouveau tuteur

Histoire de la dernière révélation !

Le contenu qui suit n’est proposé qu’à titre purement indicatif et n’engage que son auteur. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre mosquée locale.

Nous nous plaçons sous la protection d’Allah (Exalté soit-Il) pour la réussite de nos œuvres et demandons Son Pardon pour les erreurs émanant de nos âmes.

Fraternellement vôtre… Bilal Muezzin !

Résumé :

Le décès soudain de sa bru Amina survenu, Abd Al Muttalib, qui affectionnait tout particulièrement le petit Mohammed, mandate l’un de ses propres fils Abu Talib de prendre en charge l’orphelin une fois son propre trépas arrivé. Une décision non dénuée de fondement pour celui qui allait malheureusement mourir deux ans plus tard, laissant une nouvelle fois le futur Prophète de l’Islam (paix et prière d’Allah sur lui) de nouveau meurtri par cette énième épreuve. Abu Talib prend donc en charge l’éducation du jeune garçon, l’aimant comme son propre enfant et l’initiant avec sagesse à la vie de la société Mecquoise. Ainsi, pour aider son oncle, l’âge d’en assumer la fonction atteint, le jeune Mohammed devient berger…

HISTOIRE :

Un nouveau tuteur

Abd al-Muttalib pressentait qu’il ne tarderait pas à mourir. L’avenir de l’orphelin était dès lors sa préoccupation la plus urgente. Il appela donc son fils Abu Tâlib et lui demanda personnellement de s’occuper de Muhammad, son neveu, lorsque lui-même serait mort. Il eut raison de le faire, car Abd al-Muttalib mourut moins de deux ans après avoir assumé la charge de Muhammad. On relate que Abd al-Muttalib avait cent vingt ans lorsqu’il mourut ; son petit-fils, lui, n’avait alors que huit ans. Une fois encore, la mort retirait à Muhammad un parent affectueux.

La mort de son grand-père l’attrista profondément. Plusieurs autres oncles de Muhammad auraient été mieux placés pour s’occuper de lui, financièrement parlant. Ce fut pourtant Abu Tâlib que Abd al-Muttalib choisit et ce choix s’avéra le plus juste. Abu Tâlib s’occupa de Muhammad jusqu’à l’âge adulte. Même alors, il continua à lui témoigner toute l’attention d’un père affectueux envers son fils adulte. Il était toujours prêt à le conseiller et à guider ses choix. Lorsque Muhammad (saws) commença à recevoir la révélation et à transmettre son message, Abu Tâlib le soutint face à l’opposition violente des Quraysh. Il ne lui fit jamais défaut, même quand les pressions se firent trop dures pour le vieillard qu’il était alors. Une relation d’amour et de respect mutuels unissait l’oncle et son neveu orphelin.

Abu Tâlib aimait Muhammad (saws) autant, sinon plus, que le plus cher de ses enfants. À l’époque où il était chez son oncle, certains signes montrèrent que la présence de Muhammad (saws) apportait la bénédiction divine. Bien que la maison d’Abû Tâlib ne se soit pas subitement remplie de richesses, les ressources étaient toujours suffisantes quand Muhammad (saws) était là. Si le dîner était servi et que Muhammad (saws) était absent, Abu Tâlib ordonnait à ses enfants de l’attendre. Il avait remarqué que quand Muhammad (saws) était présent, la nourriture semblait abondante et chacun mangeait à sa faim. S’il était absent, la nourriture ne semblait pas suffire et chacun en redemandait.

Dans l’ensemble, l’enfance de Muhammad fut très heureuse. Il faisait rayonner le bonheur autour de lui. Il n’est donc pas étonnant que tout son entourage l’aimait tendrement. Plusieurs récits concernant cette période de la vie de Muhammad suggèrent que diverses personnes reconnurent en lui le futur Prophète.

D’après un récit, Abu Tâlib, qui s’apprêtait à entreprendre un voyage commercial en Syrie, décida d’emmener son neveu Muhammad, âgé de douze ans. Le récit relate que lors du voyage de retour, un moine, Bahîra, invita toute la caravane à dîner. C’était là un acte inhabituel chez lui. Il insista pour que tout le monde soit présent. Il reconnut Muhammad et lui parla, l’interrogeant sur différents aspects de sa vie. Il reconnut également une marque sur l’épaule de Muhammad indiquant qu’il serait le dernier des prophètes. Une fois certain de cela, Bahîra demanda à Abu Tâlib ce qu’était le jeune garçon pour lui. Lorsque Abu Tâlib répondit qu’il était son fils – car les Arabes plaçaient l’oncle dans la même position que le père – Bahîra dit : « Il n’est pas ton fils. Le père de ce garçon ne peut être en vie. » Abu Tâlib lui expliqua que Muhammad était son neveu et que son père était mort avant sa naissance. Bahîra dit alors : « C’est cela. Ramène ton neveu chez lui et surveille-le bien. Si les juifs le reconnaissaient comme je l’ai fait, ils essaieraient de lui faire du mal. Ton neveu aura certainement un avenir glorieux. »

Quelle que soit l’authenticité de cette histoire, il est certain que ces incidents n’eurent aucune influence sur Muhammad (saws). Il faut se rappeler qu’il était encore enfant et n’aurait pu aspirer à aucune reconnaissance en conséquence des propos de Bahîra. En outre, il ne semble pas que les hommes qui entendirent peut-être la conversation de Bahîra et Abu Tâlib aient jugé utile de l’ébruiter. La seule valeur de ces récits réside dans le fait qu’ils confirment que des érudits d’autres religions étaient conscients de l’imminence de la venue d’un prophète en Arabie. Cette connaissance était fondée sur des textes explicites de leurs Ecritures.

Dans la société mecquoise de l’époque, un garçon de l’âge de Muhammad ne pouvait pas faire grand-chose. La vie de toute la communauté dépendait en grande partie du commerce, alimenté par les voyages régulièrement entrepris vers la Syrie et le Yémen. Ces voyages signifiaient que le commerce de La Mecque était essentiellement ce qu’on appellerait aujourd’hui du « commerce extérieur », basé sur les importations et les exportations. Réussir dans ce domaine demandait une expérience variée que ne pouvait encore posséder un garçon entrant tout juste dans l’adolescence.

De plus, il aurait été trop risqué pour un si jeune garçon de voyager dans une région aussi difficile que l’Arabie. L’agriculture n’était quasiment pas pratiquée à La Mecque ni aux environs. Les métiers artisanaux étaient rares, et d’ailleurs peu appréciés des Arabes qui les considéraient avec mépris : le commerce était la seule occupation digne des Arabes de La Mecque. Pour aider son oncle, Muhammad n’avait donc pas d’autre solution que de travailler comme berger.

La vie d’un berger est associée à la contemplation et à la patience. Un berger dispose de longues périodes où il n’a rien à faire, à part regarder paître ses bêtes. Dans sa solitude, il ne peut manquer de méditer sur l’univers qui l’entoure. Il pense à sa création, à ses étendues infinies. Il médite sur les nombreuses variétés de créatures qui vivent ensemble dans un petit coin de cet univers et sur tout ce qui dépasse les limites de la perception humaine. Il pense à la grande diversité des plantes qui poussent de la terre, chacune avec ses caractéristiques et ses fruits si différents : pourtant, toutes sortent du même type de sol et se nourrissent de la même eau. Ses méditations ne peuvent que le conduire à penser au pouvoir infini qui contrôle tout ce qui existe dans l’univers.

Un berger a besoin de patience et la pratique de son métier ne peut que lui inculquer cette qualité sans laquelle il ne peut pas s’occuper de ses moutons. Peut être, est-ce en raison de ces deux qualités, ainsi que d’autres moins importantes, que Dieu a choisi ce métier pour Ses messagers et Ses prophètes. Il est bien connu que Moïse et David ont reçu la prophétie alors même qu’ils étaient occupés à garder leurs moutons. Comme on demandait un jour au Prophète (saws) si lui aussi avait gardé les moutons, il répondit : « Oui. Chaque prophète a un jour ou l’autre gardé les moutons. ».

Ce métier est en lui même une forme d’éducation. Il aide le berger à se doter d’un sens aigu de ce qui l’entoure et à développer sa perception des détails. Le berger acquiert aussi une qualité essentielle à un prophète : la capacité d’oeuvrer régulièrement pour accomplir un but prédéfini et de persévérer jusqu’à ce qu’il soit accompli.

Muhammad (saws) n’était pas le seul jeune garçon de La Mecque à travailler tomme berger – ce métier n’était pas dédaigné par les nobles familles mecquoises. D’autres garçons de son âge s’occupaient aussi de chameaux et de moutons. Ils se réunissaient parfois et des amitiés se tissaient. Ils parlaient de ce qu’ils faisaient la nuit. Souvent, des fêtes et des célébrations étaient organisées à La Mecque et les garçons de l’âge de Muhammad y participaient. Lorsqu’ils se retrouvaient durant leurs longues journées, ils se racontaient comment ils s’étaient amusés. Il aurait donc été naturel que Muhammad (saws) pense à en faire autant. Pourtant, d’après son cousin Alî ibn Abî Tâlib, il a dit :

« Je n’ai jamais pensé à participer aux divertissements qu’organisaient les gens de l’époque de l’ignorance, sauf deux nuits. Dans les deux cas, Dieu me préserva du mal. Une nuit, je dis à un autre berger : « Pourrais-tu surveiller mes moutons pour que je puisse descendre à La Mecque et assister à une fête comme le font les autres garçons ? » Il accepta et j’allai donc à La Mecque. A mon arrivée, j’entendis de la musique et des chants dans la première maison. Je demandai ce que c’était et on me répondit que c’était une noce. Je m’assis pour regarder, mais bientôt ma tête s’alourdit et je m’endormis. Ce ne fut qu’au matin que la chaleur du soleil me réveilla. Je retournai auprès de mon ami et je lui racontai ce qui s’était produit. Je recommençai et la même chose m’arriva. Dès lors, jamais plus je ne pensai ni ne fis rien de tel, jusqu’à ce que Dieu m’honore de la mission prophétique.

Ainsi Muhammad (saws) fut-il préservé par Dieu de toute forme de divertissement indigne de celui qui serait appelé à être le dernier de Ses messagers à l’humanité. D’autres récits suggèrent que Muhammad (saws) fut ainsi «protégé » depuis son enfance de tout manquement à la morale. Certaines valeurs introduites par l’islam étaient inconnues de la société mecquoise où il grandit. Or, dans sa jeunesse, Muhammad n’avait nullement conscience de ces règles de décence : pourtant, il fut astreint à les observer.

Ainsi, quelques années avant le commencement de la révélation du Coran, les Quraysh avaient décidé de réparer l’édifice de la Ka’ba. Le Prophète (saws), comme beaucoup de Mecquois, participa aux travaux de réparation. Ceux qui allaient et venaient en portant les pierres ôtaient leur pagne pour le placer sur leurs épaules comme un coussin sur lequel ils posaient les pierres. Comme les Arabes ne portaient pas de sous-vêtements à l’époque, cela signifie que ces hommes travaillaient nus. Seul Muhammad portait les pierres en conservant son pagne. Son oncle al-Abbâs, qui travaillait avec lui, lui suggéra d’utiliser son pagne pour se protéger l’épaule. Lorsqu’il fit cela, Muhammad perdit connaissance. Un moment plus tard, il reprit ses sens, chercha son pagne et le serra autour de sa taille ; puis il se remit au travail.

Un récit très semblable suggère que la même chose se produisit beaucoup plus tôt. Il est rapporté que le Prophète (saws) a dit que lorsqu’il était enfant, il jouait à transporter des pierres avec d’autres garçons de son âge.

Il dit : « Nous étions tous dévêtus. Nous avions ôté nos pagnes pour les placer sur nos épaules et mettre les pierres dessus. Je marchais avec les autres enfants quand quelqu’un que je ne vis pas me donna un grand coup de poing en me disant de remettre mon pagne. Je m’en enveloppai et le serrai bien. Je continuai à porter les pierres sur mon épaule, mais j’étais le seul à être vêtu de mon pagne. »

Ces deux récits montrent clairement comment les valeurs morales essentielles de la nature humaine pure étaient appliquées à Muhammad (saws) avant même qu’il ne devienne prophète. Cela faisait partie de « l’éducation » qu’il reçut. Bien que Muhammad (saws) n’ait jamais reçu d’instruction dans une école ou d’un quelconque maître, il fut placé au coeur de nombreux événements qui lui conférèrent un sens aigu des valeurs devant être préservées dans toute société moralement saine.

Une éducation personnelle lui fut aussi donnée afin qu’il se forge un code de comportement éloignant de lui toute forme de frivolité. Une telle éducation est bien plus efficace et durable qu’aucun cursus scolaire. Comme nous le verrons au cours des chapitres qui vont suivre, Muhammad (saws) possédait une compréhension de tous les aspects de la vie beaucoup plus profonde que celle d’aucun philosophe ou d’aucun sage.

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