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EPISODE 6

L’apprentissage de la noblesse

Histoire de la dernière révélation !

Le contenu qui suit n’est proposé qu’à titre purement indicatif et n’engage que son auteur. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre mosquée locale.

Nous nous plaçons sous la protection d’Allah (Exalté soit-Il) pour la réussite de nos œuvres et demandons Son Pardon pour les erreurs émanant de nos âmes.

Fraternellement vôtre… Bilal Muezzin !

Résumé :

Malgré une remarquable intégration à la société Mecquoise et un comportement personnel marqué pour son exemplarité, le jeune Mohammed répugne cependant à adorer les idoles locales comme l’exige la tradition, au grand dam de son oncle et des siens. L’année de ses quinze ans, une guerre connue sous le nom « d’Al Fijar » éclate, opposant la tribu des Quraysh et des Hawazin, durant laquelle le futur Prophète de l’Islam (paix et prière d’Allah sur lui) s’illustre pour l’assistance qu’il prodigue aux combattants de son clan, bien que ne participant pas aux combats lui-même. Durablement marqué par l’alliance dite « d’al Fudul » visant à faire appliquer une justice équitable pour tous par l’ensemble des clans Mecquois, le jeune Mohammed, connu pour sa haute moralité, entame une carrière d’agent commercial pour une certaine Khadija bint Khuwaylid…

HISTOIRE :

De la jeunesse à la maturité

Les récits que nous possédons à propos de la jeunesse de Muhammad (saws) ne sont pas nombreux. Cela n’a rien d’étonnant car d’une part, les Arabes de l’époque étaient majoritairement illettrés et d’autre part, personne n’aurait pu imaginer quel rôle capital Muhammad (saws) était destiné à jouer dans la vie de l’humanité en général. Les récits dont nous disposons sont toutefois suffisants pour établir que dès sa jeunesse, Muhammad (saws) se distinguait par son honnêteté, sa bonté, sa patience, son humilité et son empressement à aider les autres. Il était aussi connu comme un jeune homme qui ne s’adonnait à aucun des vices alors couramment pratiqués dans la société mecquoise, comme la boisson, le jeu ou la débauche.

On ne peut que remarquer, rétrospectivement, que Muhammad (saws) était ainsi préparé au grand rôle qu’il allait jouer. L’un des aspects de cette préparation est que jamais il ne se mêla au culte des idoles adorées par son peuple. Il ne vénéra jamais aucune de ces idoles, ne se prosterna jamais devant elles, ne leur fit jamais d’offrandes comme les gens en avaient l’habitude, pas plus qu’il ne participa aux festivités organisées dans le cadre du culte des idoles.

Sa nourrice Umm Ayman a relaté que les Quraysh rendaient hommage à une idole appelée Buwâba. Un certain jour, chaque année, ils organisaient une fête en son honneur ; ils restaient toute la journée près de l’idole et se rasaient la tête. Abû Tâlib, l’oncle du Prophète (saws), participait lui aussi à cette fête. Chaque année, il demandait à son neveu orphelin d’y assister, mais Muhammad (saws) refusait. Abu Talib était en colère contre lui et même ses tantes reprochèrent à Muhammad (saws) son manque de respect apparent pour les idoles. Elles s’efforcèrent de le persuader de ne pas rester à part dans sa famille. Insistant sur le devoir d’un jeune homme de manifester sa loyauté aux siens, elles lui dirent : « Tu semblais ne vouloir partager aucune fête avec ton peuple et ne pas compter comme l’un des leurs. ».

Muhammad (saws) finit par céder aux arguments de ses tantes et se rendit à la fête. Il en revint effrayé et dit à ses tantes qu’il craignait d’être possédé par un démon. Elles l’assurèrent que Dieu ne le laisserait jamais subir pareille chose, étant donné ses nombreuses qualités. Il leur relata alors son expérience en ces termes :

« Chaque fois que j’approchais d’une idole, je voyais un homme blanc, de haute taille, qui me disait de rester en arrière et de ne pas toucher l’idole. »

Umm Ayman affirme que ce fut la première et la dernière célébration du culte des idoles à laquelle Muhammad (saws) participa avant le début de la révélation coranique.

Ce n’est là que l’un des divers récits qui nous sont parvenus à propos de l’attitude de Muhammad (saws) envers le culte païen, bien avant le début de sa mission prophétique. Ces récits, mis ensemble, montrent clairement que Muhammad (saws) était délibérément tenu à l’écart du culte des idoles. Il est logique en effet que Dieu ait protégé de tout soupçon d’idolâtrie, même dans sa jeunesse, l’homme qu’il avait choisi pour être Son dernier messager à l’humanité et apporter l’ultime message soulignant l’unicité absolue de Dieu.

L’engagement au service de la justice

Néanmoins, Muhammad (saws) menait une vie normale parmi les siens. Il était sociable, aimé et respecté. Le fait qu’il ne s’adonnait à aucun vice le faisait respecter plus encore. En outre, il ne manquait jamais de s’impliquer dans les affaires importantes préoccupant sa tribu ou sa société.

On en trouve un exemple dans le cas de la guerre connue sous le nom d’al-Fijâr, c’est-à-dire « la guerre de profanation ». Cette guerre doit son nom au fait qu’elle commença par un meurtre commis par un homme de Quraysh en violation d’un des quatre mois sacrés. Durant ces quatre mois, traditionnellement considérés comme sacrés par les Arabes, la guerre était totalement interdite. Commettre un meurtre durant ces mois constituait donc une profanation extrêmement grave. Il n’est pas étonnant, par conséquent, qu’une guerre ait éclaté entre les Quraysh et les Hawâzin, les tribus auxquelles appartenaient le meurtrier et sa victime.

Muhammad (saws) n’avait que quinze ans lorsque cette guerre éclata. Elle dura quatre ans. Il y prit part, mais sans s’engager dans les combats eux-mêmes, d’après les récits les plus fiables. Il aidait toutefois ses oncles en les protégeant des flèches lancées par leurs ennemis ou encore en récupérant ces flèches et en les préparant pour qu’ils les réutilisent au combat.

Peu après la fin de cette guerre, lorsque Muhammad (saws) avait presque vingt ans, il joua un rôle dans la conclusion d’une alliance entre les différents clans de Quraysh. C’était une noble alliance, dont Muhammad (saws) continua de faire l’éloge longtemps après être devenu prophète. L’alliance était appelée al-Fudûl d’après trois des principaux participants qui portaient le titre d’al-Fadl. On dit aussi que cette alliance était ainsi nommée parce qu’elle avait un but noble, ce nom évoquant la préservation de l’honneur.

La raison immédiate de la conclusion de cette alliance était qu’un homme du clan de Zubayd était arrivé à La Mecque avec des marchandises à vendre. Un homme important de La Mecque, al-As ibn Wâ’il, acheta toutes les marchandises mais n’en paya pas le prix. Lorsque l’homme comprit qu’il allait tout perdre, il demanda secours à tous les clans de Quraysh. Tous refusèrent de s’opposer à al-As Ibn Wâ’il et blâmèrent l’homme pour son comportement. Désespéré, l’homme se mit debout sur une colline surplombant la Ka’ba au lever du soleil, à un moment où les hommes de Quraysh se rassemblaient en groupes autour de la Ka’ba.

Il les implora, plaidant sa cause avec passion et désespoir. Il leur rappela leur position de gardiens de la Maison Sacrée. Az-Zubayr ibn Abd al-Muttalib un oncle du Prophète, fut le premier à réagir : il se leva et déclara qu’aucune injustice ne devait être tolérée.

Une réunion fut organisée dans la maison de Abdullâh ibn Jud’ân, un homme d’honneur très respecté à La Mecque. Des représentants de nombreux clans de Quraysh étaient présents. Les termes du pacte furent définis au cours de cette réunion : les participants s’engagèrent solennellement, jurant par Dieu de rester unis, de soutenir quiconque à La Mecque serait victime d’injustice, qu’il soit mecquois ou étranger et de s’opposer à l’auteur de cette injustice jusqu’à ce que justice soit faite.

Cette alliance conclue, les participants allèrent trouver al-As ibn Wâ’il et l’obligèrent à rendre à l’homme de Zubayd les marchandises qu’il lui avait prises. Lorsqu’on connaît la nature de cette alliance, on comprend facilement pourquoi le Prophète (saws) continua à exprimer son soutien pour les idéaux qu’elle préconisait. Longtemps après le début de sa mission, il dit :

« J’ai assisté, chez Abdullâh ibn Jud’ân, à la formation d’une alliance que je ne voudrais échanger contre aucun gain matériel. Si maintenant, après l’islam, je suis appelé à l’honorer, je le ferai certainement. »

Cela montre combien l’islam est favorable à toute action ou à tout pacte ayant pour but de garantir la justice pour tous.

Muhammad (saws) continua de se fixer un code d’honneur des plus exigeants. Sa force de caractère et son sens moral indéfectible régulaient ses désirs physiques, le retenant de commettre le moindre écart. En outre, son honnêteté scrupuleuse, pour laquelle il était bien connu dans cette société, lui avait valu le surnom d’al-amîn, qui signifie honnête et digne de confiance. La richesse matérielle ne paraissait aucunement le tenter. Il ne méprisait pas la richesse, il n’était pas à la recherche de vains idéaux, mais il possédait simplement un sens aigu des proportions. Il comprenait que la richesse n’était pas une fin en soi, mais un moyen vers un objectif plus noble.

C’est avec sérieux et dignité qu’il cherchait donc comment gagner sa vie ; il fut bientôt décidé qu’il essaierait de trouver du travail dans le commerce et les affaires. Muhammad (saws) ne possédait pas d’argent pour établir un commerce. Son oncle Abu Tâlib n’était pas non plus assez riche pour l’aider. La seule possibilité qui lui restait était donc de faire ses preuves en tant qu’agent, en faisant du commerce pour quelqu’un d’autre. Il semble qu’il n’ait guère eu de mal à trouver un tel emploi, grâce à sa réputation croissante d’honnêteté et de sagesse.

Certains récits le représentent travaillant dans des marchés et des foires. Il s’associa à un autre agent du nom d’as-Sâ’ib ibn Abî as-Sâ’ib, dont il devait plus tard louer l’intégrité et l’honnêteté. Lorsque, bien des années après, le Prophète (saws) rencontra as-Sâ’ib le jour de la conquête de La Mecque, il l’accueillit chaleureusement avec ces mots : « Bienvenue à mon frère et associé, un homme honnête et droit. »

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